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Écrit par David Lacours   

Le Suicide

« Je devrais me taire… Et mourir »

Clémence et Noémie ! Deux jeunes adolescentes et un drame commun…L’une avait 15 ans et l’autre 14, un soir d’hiver sur la côte d’Opale, au bord d’une falaise en face de l’Angleterre, elles ont choisi ensemble d’en finir avec la vie.

Une des jeunes filles avait écrit sur son blog (Journal intime sur Internet) : "Personne m'a poussé au suicide. Je voulais juste quitter cette terre si vide. Qui pour moi n'avait plus de valeur". Elle dévoile le drame amoureux qui la mine depuis des semaines. "Quand je me couche, je l'ai dans le sang... J'ai honte de dire que je veux mourir. J'ai honte de dire que je veux partir. J'ai honte de moi, je ne mérite pas d'être là… Je souffre… Mais je ne devrais pas le dire. Je devrais me taire… Et mourir…"

En France le suicide est plus meurtrier que les accidents de la route, plus de 12 000 décès par an et plus de 140 000 tentatives. Treize pour-cent des français ont sérieusement envisagé un jour de se suicider.

Selon les estimations de l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS), en l'an 2000, à peu près 1 million de personnes se sont suicidées et 10 à 20 fois plus ont tenté de le faire à travers le monde. Il y a donc plus de morts par suicide que de morts provoquées par tous les conflits armés à travers le monde.

Le suicide touche toutes les couches de la population, à tous les âges et dans toutes les classes sociales.

Mais pourquoi ?

Pourquoi dans cette génération y a t’il autant de suicides ? Une problématique incompréhensible pour beaucoup.

La solitude, la déception, la frustration sont le lot de tous et de chacun à un moment ou un autre de la vie. Le suicide fait souvent suite à des situations spécifiques comme : mauvais traitements sexuels ou physiques, antécédents familiaux incluant le suicide ou la violence, mort d'un ami proche ou d'un membre de la famille, divorce ou séparation, fin d'une relation, échec scolaire, proximité d'examen, résultat d'examen, perte d'emploi, problèmes sur le lieu de travail, imminence d'une date butoir. (Les réactions varient, il n’est pas obligatoire que tout le monde pense au suicide face à ces situations).

Pour les 15 - 24 ans qui tentent de se suicider, la mort est rarement souhaitée. Aussi paradoxal que cela puisse paraître le suicide dans la pensée d’un jeune peut être une tentative de s’en sortir. Un adolescent qui fait une tentative de suicide essaie d’attirer l’attention sur un problème qu’il ne peut plus gérer tout seul.

Son cri doit être entendu avec la plus grande attention. Il doit être aidé et pris en considération.

Des indices le précèdent

Le suicide est rarement une décision prise sur un coup de tête. Durant les jours et les heures qui précèdent le suicide, on peut généralement détecter des indices. Les personnes suicidaires souvent lancent des messages directs ou indirects qui annoncent leurs intentions pour alerter leurs proches.

Ce sont des SOS envoyés. Savez-vous ce que veut dire SOS ? « Save our Souls » « Sauver nos âmes », n’est ce pas révélateur du problème et de la solution ?

Les signes les plus forts et les plus troublants sont souvent verbaux. Allusions à la mort et des menaces : « Je ne peux pas continuer comme ça », « Plus rien n'a d'importance » ou même « J'ai pensé à en finir ». « je serais mieux mort, « je le trouve courageux de s’être suicidé », « j’ai peur de me suicider »… ou encore faire de l’humour avec le suicide sont autant d’avertissements.

De telles remarques doivent toujours être prises au sérieux !

Le comportement peut être un signe significatif : Préparation pour un départ, mettre de l'ordre dans ses affaires et faire don de choses précieuses, lettres d’adieu, attrait soudain pour des armes ou produits à risque, déprime ou repli sur soi-même, comportement imprudent , abus divers. (Bien entendu ces exemples sont d’ordre général, cela ne signifie pas qu’un de ses comportements soit la preuve absolue d’une tentative future de suicide).

Ce qui est à retenir : des signaux d’alertes sont émis par les personnes suicidaires. L’entourage joue un rôle important dans ce moment décisif de la vie. Prenez ces signaux au sérieux !

Comment aider une personne tentée par le suicide ?

Le suicide demeure un problème et ne sera jamais une solution malgré ce que certains veulent croire. Comment aider quelqu’un qui est tenté ?

Une chose qui semble banale pourrait pourtant jouer un rôle clef ! Ecoutez-le. Aujourd’hui nous pouvons communiquer à l’autre bout du monde. Néanmoins à la maison après la télé, le téléphone, Internet, la web-cam et les SMS, c’est la planète « TAIRE », on parle de moins en moins… On s’informe ! « ça va ? », la réponse peut être négative ou positive, on ne cherche pas à en savoir plus.

Quelqu’un a dit : « Dieu nous a fait avec 2 oreilles et 1 langue ; Pour écouter le double de ce que l’on dit ».

L'état de crise, l'ambivalence, le désir de communiquer et d'être compris font partie intégrante de la problématique suicidaire. Une grande part de la prévention va se trouver dans notre capacité à être là pour écouter, écouter et encore écouter…

Plus on en parle, moins on y pense ! Parler du suicide n’incite pas au passage à l’acte, au contraire cela permet de briser l’isolement, d’exprimer la souffrance, de faire découvrir l’autre possibilité. Donner l’occasion de parler des choses qui préoccupent, déstabilisent, angoissent, affolent afin de permettre l’expression des sentiments et ressentiments. Bien faire et laisser dire vaut mieux que bien dire et laisser faire.

Comment aider ?

Si quelqu’un parle du suicide, prenez-le au sérieux.

Soyez disponible. Ecoutez. Demandez à la personne si elle pense souvent au suicide et encouragez-la à en parler.

Priez régulièrement avec la personne. Encouragez-la avec la vérité de ce que Dieu dit dans sa Parole (pas simplement des platitudes plastiques mais la réalité des promesses de Dieu).

Ne jouez pas le psychologue amateur. Réalisez vos limites et encouragez la personne à chercher de l’aide auprès d’un professionnel de santé, de préférence un médecin chrétien ou des groupes chrétiens qui soutiennent ceux qui sont touchés par ce problème.

Accompagnez la personne. Vous ne pouvez pas toujours lire leur état d’esprit par leur comportement d’aujourd’hui. C’est un travail qui prend du temps.

Si le pire arrive, ne vous laissez pas accabler par le sentiment de culpabilité. La personne qui se suicide est responsable de son acte Mettez tout cela devant le Seigneur pour en être guéri.

 
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