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Accueil Témoignage L’artiste d’une nouvelle « école »
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Écrit par Thomas et Noemi Steffen   
L’artiste d’une nouvelle « école »

Norbert Witte (pseudonyme, Jesu Alvarado) a 43 ans, il est né dans la ville de Ludwigshafen (sur le Rhin), en Allemagne. Il y a plus de trois ans, cet artiste bien connu a vu sa recherche spirituelle aboutir à une expérience qui a dynamisé sa vie et son art.

Interview réalisée pour « Victoire magazine » par Noémie et Thomas STEFFEN

Victoire : Norbert, tes tableaux sont signés : Jesu Alvarado. Comment en es-tu venu à ce pseudonyme ?

NW : C’était mon pseudonyme déjà avant ma conversion. Lorsque j’ai fait une exposition sur l’île espagnole  de Mallorca, un ami m’avait conseillé d’utiliser un pseudonyme espagnol. J’ai choisi un nom local assez commun, qui me plaisait.
C’est seulement après ma conversion que j’ai appris  ce qu’il signifiait. Ce nom veut dire : « Jésus, le véritable ». Je me suis placé devant le Seigneur afin de savoir s’il était correct d’utiliser ce nom car je ne voulais pas employer le nom de Jésus en vain. Dieu m’a donné la paix pour signer avec ce pseudonyme.


Victoire : Comment décris-tu ton enfance ?
NW : J’ai eu une enfance bien protégée et je peux dire que j’avais de bons parents, même s’ils n’étaient pas chrétiens.

Victoire : Y a-t-il quelque chose qui a vraiment marqué ton enfance ou ton adolescence ?
NW : C’était le slogan de vie de mes parents : « Tu as seulement de la valeur si tu réussis ! » Ma sœur a bien adopté ce slogan, elle a toujours été exemplaire à l’école et dans le sport et aujourd’hui elle a bien réussi dans le monde des affaires. Pour moi ce n’était pas vraiment le cas et j’ai essayé de compenser ceci en vivant dans les extrêmes et en pratiquant des sports extrêmes.

Victoire : Qu’est-ce qui a déclenché en toi ce désir de devenir peintre ?
NW : Finalement je crois que je l’ai dans le sang et c’était mon désir d’exprimer mes sentiments par l’art. J’avais également l’ambition de vouloir exercer une bonne influence sur la société, tout en sachant que moi même, je n’étais pas bon.

Victoire : Où as-tu fait tes études d’art ?
NW : Je n’ai pas étudié à l’école des Beaux Arts. J’ai tout appris par moi-même et en observant.

Victoire : Que faisais-tu avant de vivre entièrement de ton art ?
NW : J’étais ouvrier dans la construction de machines et je peignais mes tableaux pendant la nuit. Puis ma femme me mit devant le choix, soit mon métier actuel soit l’art. Les choses se passèrent assez rapidement et je suis devenu artiste indépendant un an après.

Victoire : A part la vente de tes tableaux de quoi vis-tu ?
NW : J’ai constamment entre 35 et 40 élèves, et je donne des cours du lundi au vendredi. Avant ma conversion je faisais aussi des stages le samedi et dimanche.

Victoire : Peux-tu décrire ta vie, avant et après avoir rencontré le Seigneur Jésus ?
NW : J’étais vraiment plongé dans le péché et je menais une vie légère telle qu’on peut se l’imaginer pour un artiste. A cause de ça, ma vie familiale était en train de se briser. Mais Jésus a sauvé mon foyer.

Victoire : Comment es-tu venu au Seigneur Jésus ?
NW : J’étais interpellé par une élève qui réalisait uniquement des tableaux qui étaient  en rapport avec sa foi en Dieu, et ceci me semblait bizarre. Je lui demandai alors pourquoi elle peignait seulement des motifs religieux. Elle me donna la réponse surprenante que, ce qu’elle peignait, décrivait simplement ce que Dieu avait fait dans sa vie.  Je la prenais pour une folle.

Lorsqu’elle eut terminé de prendre des cours chez moi, il n’y eut plus de contact.
Un jour je feuilletai  une Bible pour enfants, car j’étais intéressé par les illustrations et la technique de réalisation de l’artiste qui les avait faites. Soudain, je fus saisi par une puissance et je reposais rapidement cette Bible pour enfants sur l’étagère. Je ne fus plus tranquille et je me réveillai trois fois durant la nuit qui suivit. J’avais peur de devenir fou et je recherchai les coordonnées  de mon ex-élève  « religieuse » pour la contacter.

Celle-ci m’invita à un culte dans l’église pentecôtiste indépendante de la ville de Karlsruhe. Mais ce que j’y voyais et entendais ne me suffisait pas. Je voulais une preuve de la part de Dieu et continuais ma recherche personnelle. Je commençais à fréquenter des églises catholiques et lors d’une messe dans la Basilique de Saarbrücken, j’adressai la prière suivante à Dieu : « Je ne sais pas grand chose sur toi. Mais si tu es Dieu, tu dois être bon. Donc si tu es bon, permets moi ce soir de faire du bien à quelqu’un que toi tu mets sur mon chemin ».

Quand, après la messe, je fis part de cette prière à ma femme, celle-ci me reprit :
« Premièrement ce n’est pas correct de prier de cette manière et deuxièmement ça ne se passe pas comme ça ». Dans le passage piéton de Saarbrücken, un homme avec un accent français s’adressa à moi. Il était habillé correctement, mais on pouvait lire la souffrance sur son visage. Il me dit qu’il avait tout perdu, son emploi, sa femme,… - et tout ce qui lui restait était une bouteille de bon vin qu’il voulait me vendre. D’abord je pensais que c’était son « truc » pour vendre du vin aux gens. Mais vite je m’aperçu s que cet homme était vraiment dans le besoin et je lui donnai de l’argent avec les mots : « Garde la bouteille, mais prends cet argent, car il vient de Dieu. »

Ensuite j’ai obtenu les coordonnés de la « Freie Christengemeinde » (Assemblée de Dieu) de Saarbrücken par mon ex-élève et j’ai donné ma vie au Seigneur Jésus.

Victoire : Quelles furent les réactions de tes élèves suite à ta conversion ?
NW : Mes élèves étaient étonnés de mon changement et certainement quelques uns ont dû penser que j’étais devenu fou. Mais entre-temps certains sont venus à l’assemblée chrétienne. Curieusement, il y eut successivement un décès et une autre élève qui  tomba gravement malade, elle est en phase finale de sa vie. Ceci a fait beaucoup réfléchir les autres sur le sens de la vie et ce qui vient après la mort. 

Victoire
: Penses-tu que l’art est une bonne manière de partager sa foi ?
NW : Les gens sont imprégnés d’une manière visuelle et réagissent plus fort aux images qu’à des écrits ou des paroles seulement. Moi, j’aime la combinaison entre mes tableaux et les paroles, et je prêche l’évangile lors de mes vernissages. De même sur des places publiques, je présente l’évangile par des dessins, en racontant une histoire ou une vérité de la Bible.

Dans notre assemblée, nous organisons une fois par mois un culte spécial adapté aux
non convertis, c’est aussi une occasion de présenter l’évangile de cette manière.
J’ai été aussi dans des maisons de retraite et les responsables m’ont réinvité.

Victoire : Quels projets as-tu pour l’avenir ?
NW : Mon désir c’est d’évangéliser d’une manière créative.
Ceci pas seulement avec mes tableaux. Par exemple, j’ai prêché une fois en mettant ma veste de costume à l’envers pour illustrer que notre conception de l’ordre  n’est pas forcément celle de Dieu.

Aussi, je voudrais faire plus de vernissage, mais ceci demande beaucoup de temps.
Il faut un minimum de 40 nouveaux tableaux pour un vernissage, car on ne peut pas se permettre de présenter à deux reprises le même tableau  . Le temps est un réel problème, je dois faire attention de ne pas négliger ma famille. Si je ne m’occupe pas de mes enfants maintenant, il ne faudra pas s ‘étonner si nous n’avons plus avec eux  une bonne relation plus tard.

Victoire : Y a t-il quelque chose que nous ayons oublié et que tu aimerais dire à nos lecteurs ?
NW : Ma relation avec Dieu a transformé ma vie et connaître Jésus c’est ce qui compte le plus dans ma vie. Je suis heureux du baptême dans le Saint-Esprit, ce qui fut une expérience bouleversante pour moi.

Photos des tableaux utilisés avec permission. Voyez l’art de Norbert Witt en ligne à : www.jesus-alvarado.de

 
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