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Accueil Témoignage « Je cherche un homme ! »
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Écrit par René DELATTRE   
Je Cherche un homme !

Tout a commencé le jour où j’ai trouvé un cadeau dans mon assiette…


J’avais 17 ans et je me préparais à passer le bac. Mon frère avait eu la bonne idée de se fiancer à une prof de français : j’ai tout de suite compris que cela pouvait être intéressant pour moi : elle allait m’aider ! J’ai donc été invité à préparer cet examen indispensable et je me suis retrouvé devant une assiette contenant un cadeau : c’était un livre qui avait pour titre « Nouveau Testament ».

A l’époque, je ne savais pas qu’il y avait un nouveau testament, puisque je ne savais même pas qu’il y en avait un vieux !


Il faut dire qu’à la maison, on ne parlait pas de ces choses. On disait que c’était des histoires. J’ai grandi dans une famille adoptive, une famille ouvrière du nord de la France dans laquelle il y avait des valeurs fortes. L’honnêteté, la droiture, la générosité y  avaient leur place au nom d’un idéal communiste. L’amour y avait aussi sa place, mais pas Dieu.

Pourtant, moi, je me posais des questions.

Dès l’âge de 14 ans, je discutais beaucoup de ces choses avec mes amis. Petit à petit, dans cette soif d’accéder à ce qui est « irrationnel », spirituel, surnaturel, je m’essayais à certaines techniques de méditation, et aussi à certains produits…

Un jour je trouvais un livre écrit par un journaliste Michel LANCELOT qui avait pour titre « Je veux regarder Dieu en face ». Ce fut une véritable révélation, en même temps qu’une révolution. Je découvrais ce mouvement de jeunesse qui prônait la liberté, l’amour, tout ce que je cherchais. Ce livre parlait d’une religion « Loué Soit Dieu » dont les initiales venaient d’une substance issue d’une maladie du seigle : le LSD.

Ce ne fut pas difficile pour mes amis et moi de nous procurer de la marijuana, du haschisch (nous étions passionnés des poèmes de Baudelaire) et finalement du LSD.

Le pèlerinage


J’étais persuadé d’avoir accédé à un niveau de conscience supérieur, d’avoir découvert l’harmonie avec l’univers. En expliquant cela à mon frère chrétien, il me dit après m’avoir écouté patiemment et sans jugement que je ne devais pas recommencer. Ce qui m’a frappé, c’est que ses paroles, dites avec force et avec douceur en même temps me poursuivaient.

Mais maintenant que j’étais « initié » il me fallait poursuivre mon pèlerinage. Nous voulions rencontrer un apôtre de la non-violence, disciple du mahatma Gandhi qui avait fondé une communauté dans le sud de la France, près de Bédarieux (34).

Nous sommes donc partis de Dunkerque, quatre jeunes en quête d’absolu, de vérité. Je ne savais pas ce qui m’attendait.

Le train nous déposa à Valence (26). Dans une banque, je trouvais un magazine « jeunesse libérée ». Comme je me sentais jeune et libre, je me mis à le feuilleter : cela parlait de Jésus, d’évangile et d’un tas de choses comme cela. Je me suis dit que c’était comme chez mon frère, et je reposais le magazine. (Des années plus tard, étant pasteur à Valence, j’appris que le directeur de cette banque était un chrétien.)

Nous avons continué notre périple en faisant du stop, mais cette année-là une grève des contrôleurs de train s’est déclenchée (avril 1976) : nous pouvions voyager gratuitement ! Nous nous sommes donc installés dans un compartiment et nous avons commencé à nous défouler en chantant et en jouant de la musique. Tout à coup, un jeune hollandais s’installe avec nous et se met à chanter en sortant de son sac toutes sortes de petits instruments de musique.

Je trouvais que la vie était belle, je me sentais de plus en plus libre à la découverte du monde des hippies.

Il s’appelait Yann et avait traversé la France avec un cheval pour s’installer aux pieds du Larzac, lieu de prédilection à l’époque pour les communautés hippies. Nous avons passé quelques jours dans sa petite maison.

Je remarquais que chaque soir Yann s’éloignait pour aller méditer un livre. Je le questionnais et il me répondit qu’il était un disciple de Confucius. Un jour, il nous a proposé de découvrir un endroit merveilleux appelé « le bout du monde ». Trois jours immergés dans la nature, une des choses que je préfère.
Je ne savais pas que Yann avait en réserve des doses de LSD « pour augmenter la communion avec le paysage ».

Dieu parle


Quand ils se sont mis à consommer la substance, quelque chose d’étrange s’est passé : au moment où je portais la dose à mes lèvres, j’ai entendu une voix qui me disait « ne fais pas comme eux : ils ont déjà leur récompense ! » Une voix inaudible, mais claire et forte en moi…

C’est arrivé plusieurs fois jusqu’à ce que je jette au loin la substance. Mes amis sont restés des heures sous l’effet de la drogue, tandis que moi, j’étais dans une paix inconnue. C’est à la suite de cela que je suis allé rechercher le nouveau Testament, cadeau que je mettais au fond de mon sac à dos sans jamais le lire.
Je commençais l’évangile de Matthieu : plus je le lisais, plus j’avais envie de le lire !

Nous avons quitté Yann pour rejoindre l’Arche, communauté fondée par Lanza del Vasto. Ces gens avaient tout quitté pour vivre ensemble : ils donnaient de la place à la méditation en associant la Bible au Yoga et à d’autres choses…

Puis nous avons voulu rejoindre Béziers. Sur le chemin, un homme tout à coup sort de sa maison et nous offre à boire : c’était un ermite qui avait choisi ce mode de vie pour se rapprocher de Dieu !
A Béziers, nous avons fait du stop pour gagner Toulouse. Le conducteur qui nous a pris était un instructeur de méditation transcendantale.

Je commençais à me demander si je n’étais pas poursuivi !

Mais en pensant à Yann, à ces gens de la communauté, à cet ermite et à cet instructeur en méditation, je me disais que s’il y avait un Dieu, je ne voyais pas pourquoi il devrait faire de nous des gens si bizarres…
J’ai donc pris une décision : Tous ces « croyants » rencontrés au cours de mon périple, cette expérience dans la montagne, et cet évangile que je dévorais (ou qui me dévorait) m’ont amené à revenir vers mon frère pour en savoir plus.

Elles parlaient de Jésus


A Toulouse, dans ce grand train bondé, il y avait deux filles assises face à moi. Le train venait de s’ébranler quand elles me demandent si je connais Jésus…

Le dimanche 11 avril 1976, j’étais donc assis pour la première fois de ma vie dans une église évangélique. Il y avait du monde et chacun semblait heureux. J’étais troublé parce que même les « costume cravate » semblaient  joyeux, ce qui était un comble pour celui qui rejetait « l’establishment » et qui revenait d’un tel périple.

Il fallait que j’en aie le cœur net : j’avais une bible dans la main, j’ai plié une page « au hasard » en me disant que si elle était vraiment la Parole de Dieu, cette page parlerait de moi, René DELATTRE.

Le pasteur s’est levé et a invité l’auditoire à ouvrir Ezéchiel 22 : j’étais le premier à trouver le passage, c’était la page que j’avais pliée. Je réalisais que Dieu était tout près, qu’il n’y avait pas besoin d’aller si loin pour le trouver et qu’il m’entendait.

Le passage disait « Je cherche un homme » et j’étais bouleversé.

J’ai donc accepté de Lui confier toute ma vie : mon passé, mon présent, mon avenir. A ce moment, une paix et une joie extraordinaires m’ont envahi et tout mon être a été transformé.

Le lendemain, je parlais de mon expérience à celle avec qui je vivais. Elle ne croyait absolument pas en Dieu, mais elle a vu que quelque chose avait changé en moi : le lendemain, l’ayant conduit dans une église à Lille, elle faisait la même expérience de transformation, celle que Jésus appelle la nouvelle naissance.

Les jours qui ont suivi, nous les avons passés à lire et relire le nouveau Testament. Nous avons découvert cette merveilleuse famille spirituelle qu’est l’Eglise. Nous avons aussi remis pas mal de choses en ordre dans nos vies et à chaque fois que nous nous libérions de quelque chose, nous nous sentions encore un peu plus libres
Cela s’est passé il y a plus de 30 ans et jamais je n’ai regretté d’avoir confié ma vie au Christ.

Toute ma vie était programmée pour l’échec : ma mère a dû me laisser peu après m’avoir mis au monde et je n’ai jamais connu ma famille biologique, mais mon père céleste me connaissait bien avant ma naissance.

Il cherchait un homme—moi !

 
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