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Le « Colombo » chrétien
Le gros titre paru dans la presse locale résumait la situation : « LES BARS DE FOUGERES SOUS PRESSION ! »
Jean-Luc BERVOET, qui était à l’époque le nouveau « patron » du Commissariat de Fougères (35), avait décidé d’attaquer le problème à la source ; il avait constaté qu’un grand nombre d’accidents de la circulation et de délits étaient commis par des gens sortant en état d’ivresse des bars ou discothèques de la ville.
Il avait alors multiplié les contrôles dans ou à la sortie des débits de boissons, et quand une personne était en état d’ivresse, il faisait une demande de sanction contre le tenancier de l’établissement auprès de la sous-préfecture. L’établissement pouvait alors être fermé pour une durée de 8 jours a 6 mois selon la gravite des faits.
Les propriétaires des bars se sentant dans le « collimateur » du Commissaire de Police s’en étaient plaint à la presse qui avait publie un article d’une demi-page avec le titre ci-dessus et la photo de Jean Luc, en grand, avec son sourire habituel « jusqu’aux oreilles » !
A la suite de cela il y eut des tables rondes au cours desquelles, chiffres en mains, il prouva aux débitants de boissons, que l’alcoolisation des clients des bars était a l’origine de nombreux délits. Il leur rappela qu’en tant que propriétaires de ces établissements, ils portaient une lourde responsabilité si l’un de leurs clients, en état d’ivresse, se tuait ou tuait quelqu’un en voiture ou commettait un crime.
Si cette politique de répression ne plaisait pas aux débitants de boissons, d’autres personnes étaient satisfaites : il y avait moins de bagarres la nuit en ville et la délinquance avait baissé de manière significative. En 2001 Fougères était l’une des rares villes en France ou la délinquance avait baissé de plus de 10%.
Lors de son départ à la retraite en 2002, Jean Luc BERVOET a été félicité par le Maire (qui lui a remis la médaille de la ville), les magistrats du Parquet de Rennes et le sous-préfet pour la qualité du travail qu’il a effectué en tant que chef de service. Tout cela
s’est traduit par une baisse de la délinquance et du sentiment d’insécurité, une amélioration de l’image de la Police auprès de la population et une qualité des relations avec les élus locaux et les autorités administratives et judiciaires.
Jean Luc ajoute : « En tant que témoin du Seigneur, j’étais heureux de ces propos élogieux tenus à mon égard. Lorsque j’ai pris la parole, en réponse à ces éloges, j’ai précisé que si je faisais mon travail comme cela, avec enthousiasme et rigueur, c’est parce que
j’étais chrétien et que je le faisais de tout mon coeur, pour Dieu »
Partout ou il est passé, en plus de trente années de service dans la Police, il était connu par ses supérieurs, ses collègues et même les délinquants comme chrétien engagé, vivant pleinement sa foi.
Pourtant il n’avait pas une orientation chrétienne quand il était jeune. « J ‘étais plutôt agnostique et pensais que la foi était pour les gens qui avaient besoin d’une béquille dans leur vie ou pour les personnes âgées. Je ne me posais pas le problème de Dieu.
Il est entré dans la Police comme inspecteur de l’identité judiciaire (police technique et scientifique). Nommé à Belfort en 1970, il était jeune marie avec Michèle. « Bien que nous nous entendions très bien, on s’ennuyait un peu dans notre couple. Fin 1971 j’ai été appelé à faire un stage de 4 mois à Paris et j’y suis parti avec l’idée d’y faire la fête à fond ».
A sa grande surprise il rencontra autre chose, qui fit basculer sa vie dans une autre direction. « En fait j’ai rencontré un collègue que m’a rendu témoignage de sa foi en Jésus Christ. J’ai vraiment été interpellé par l’Evangile. J’ai fait une rencontre avec le Seigneur et ma conception de la vie et de la foi a été radicalement transformée. Je découvrais qu’être chrétien était d’avoir une vraie relation avec Dieu, d’être en communion avec lui, de le servir, de lui donner ma vie.
« Cela a vraiment été une conversion, un changement de mentalité. Avant je me disais : la vie c’est de réussir professionnellement, de faire la fête et de s’éclater. Apres ma conversion j’étais convaincu que j’étais sur terre pour vivre en communion avec Dieu, pour chercher d’abord son royaume et sa justice et pour honorer Dieu et lui plaire en obéissant a sa parole ».
Apres son stage, il travailla quatre ans comme inspecteur de Police de l’identité judiciaire. Puis il passa le concours d’inspecteur principal et demanda à changer de service où il fit alors le travail du fameux « ínspecteur COLOMBO ». Bien sur, ce n’est pas comme à la télévision (comme la plupart des policiers, il n’a jamais utilisé son arme pour tirer sur quelqu’un) mais c’est un travail passionnant.
Relever des indices sure les lieux, interroger les témoins et les suspects, faire des perquisitions, arrêter des malfaiteurs… « Je faisais exclusivement des enquêtes judiciaires sur les crimes et des délits » se souvient Jean Luc. « C’est une quête de la vérité. Une infraction a été commise et il s’agit de rechercher l‘auteur pour faire éclater la vérité et rétablir la justice. Et puis il y a une montée d’adrénaline quand on trouve un élément qui permet de confondre l’auteur. Par exemple quand on identifie dans un fichier une empreinte digitale relevée sur les lieux d’un cambriolage ».
D’autres aspects du travail sont plus difficiles, comme par exemple aller sur les lieux d’un suicide ou d’un accident mortel de la circulation : on est confronté à la douleur des familles. « En tant que chrétien, je compatissais à la souffrance des gens et cherchais à les consoler, les encourager et partager leur peine. Dans ce métier on est toujours confronté à des situations conflictuelles ou de souffrance. «
Parfois des scènes sont très choquantes sur le plan psychologique et Jean Luc ajoute : « tu es obligé de t’y habituer. La première fois que tu fais une enquête sur une découverte de cadavre et que tu assistes à une autopsie, cela peut te perturber. Par obligation tu dois t’y faire sinon tu risques de déprimer et il faut que tu changes de métier.
La seule chose qui doit te préoccuper c’est de te dire : qu’est-ce que s’est passé, pourquoi et comment ? Puis tu recherches des indices et des témoignages pour identifier l’auteur des faits. Quand tu l’as interpellé, tu éprouves une satisfaction personnelle d’avoir conduit une enquête judiciaire jusqu’au bout et tu as la reconnaissance de la victime ou de sa famille parce que tu as arrête l’auteur des faits ».
La foi fait une différence au travail
Si l’on fait son travail en tant que chrétien est-ce que cela se voit-il dans les résultats ?
Jean-Luc a réfléchi sur la différence que sa foi en Jésus -Christ faisait dans son travail: « non seulement tu as l’occasion d’être un instrument de justice sur la terre, ce qui en soit est gratifiant, mais tu vas avoir aussi l’occasion d’être un témoin de Jésus Christ par ta paix, ton rayonnement, ta manière d’être, ta façon d’aborder les délinquants et de voir l’homme, pas seulement au travers du fait brut qu’il a commis. Tu te dis : pourquoi a-t-il fait cela ? Qu’est-ce qu’il y a dans son coeur ? Quelle est sa motivation ? ...et tu essaies de lui expliquer que dans la vie il y a d’autres chemins que celui de la délinquance ».
Fréquemment il a pu rendre témoignage aux délinquants : « parmi eux aussi j’étais connu comme un policier chrétien et si certains me méprisaient parfois pour cela, nombreux étaient ceux qui avaient un respect de ma foi. Leur manière d’être avec moi était différente et quelque chose de spécial passaient avec eux... »
Il y avait aussi une relation privilégiée avec les magistrats basée sur le respect et la confiance réciproques. Pour Dieu la justice est que les délinquants soient sanctionnés, les honnêtes gens protégés et les innocents en liberté...
Il y a eu des articles de presse sur sa foi et Jean Luc précise « je n’ai jamais caché ou passé ma foi sous silence mais il faut en parler avec sagesse. Comme l’a dit l’apôtre Paul : soyez toujours prêt a rendre témoignage avec douceur a quiconque vous pose des questions sur l’espérance qui es en vous ».
Cela fut significatif notamment a deux reprises, quand Jean Luc a pris ses fonctions de chef de service a Lure (70) puis a Fougères (35). Les journalistes, venus le rencontrer pour faire un article afin de le présenter dans la ville, lui ont demande quels étaient ses loisirs, ses préoccupations préferées.
Il leur a répondu : « je suis un chrétien engagé et cela me prend beaucoup de temps en dehors de mon travail ». Puis il a donné quelques précisions sur sa conversion et son engagement. Les préfets et sous-préfets ainsi que les directeurs départementaux de la Police qui étaient ses supérieurs hiérarchiques ont pu ainsi lire son témoignage. Personne cependant ne lui a fait le reproche d’en avoir parlé.
Et Jean Luc conclut en disant : « Je crois qu’en faisant son travail avec rigueur et enthousiasme, en respectant la hiérarchie, en servant les hommes comme on sert le Seigneur, de tout son coeur, avec droiture et intégrité, on ne peut être que bien noté par ses supérieurs. Quand on lit ton dossier, on voit que tu tiens la route : tu es crédible et digne de confiance ».
Tout le monde respecte une telle consécration. Enfin, tout le monde sauf les bandits ! |